7 déc. 2016

Journée d'étude - Artzines - École supérieure d'art et design Le Havre-Rouen, Laboratoire EDITH


A l'invitation d'Antoine Lefebvre Editions et du Laboratoire EDITH, j'ai participé à la première journée d'étude consacrée aux fanzines d'artistes. Cette table-ronde réunissait une dizaine de chercheurs, artistes, éditeurs, français et étrangers, qui ont présenté au total une centaine d'artzines aux étudiants de l'ESADHaR. Une publication de synthèse a été éditée à l'issue de la journée.

2 nov. 2016

Ecole de terrain en Islande - août 2017


PSL Research University Paris vient de valider, via son volet PSL Environnement, le lancement d'une école de terrain en Islande, associant l'EPHE et l'EHESS. Le programme de cette formation en environnement et les modalités d'inscription seront communiqués très prochainement. Elle se déroulera fin août 2017 dans le Sud de l'Islande et durera une douzaine de jours.
GEOISK est une école de terrain en Islande dont l'objectif pédagogique est de former les stagiaires aux techniques d'observation, de mesure et/ou de prélèvement en sciences géoenvironnementales. Des séminaires post-terrain sont dédiés aux techniques et méthodes de traitement et d'analyses des données avec l'objectif de réaliser collectivement une publication scientifique (poster, article ou communication). Les thématiques de recherche développées durant le stage sont en étroites relations avec des programmes de recherche en cours (risques naturels, crises socioéconomiques), ceci permettant d'incorporer les stagiaires dans des équipes de recherche actives. La principale vertu du projet est la construction du savoir scientifique via une pratique en immersion : d'un côté les stagiaires sont formés par des équipes expertes et reconnues sur le plan international, de l'autre les scientifiques peuvent s'appuyer sur les stagiaires pour mener des manips ou enquête de terrain chronophages. Les stagiaires, de niveau master, mettent ainsi un pied à l'étrier avant d'entrer en thèse et seront donc plus performants et à même de tenir les délais de réalisation du doctorat en 3 ans. 

16 sept. 2016

Publication - Récifs coralliens et paysages géomorphologiques littoraux des îles Marquises


Contribution à l'ouvrage "Biodiversité terrestre et marine des îles Marquises", chapitre 4 coécrit avec Lucien Montaggioni et Claire Seard.

Les paysages géomorphologiques littoraux des îles Marquises relèvent du paradoxe géographique : très singuliers dans l’espace polynésien où ils affirment leur originalité par la quasi-absence des bioconstructions coralliennes au niveau actuel de l’océan, ils sont dans le même temps relativement banals en termes de grands ensembles paysagers des littoraux volcaniques. Ce paradoxe puise ses origines dans l’histoire géologique et climatique récente, plus spécifiquement la période postglaciaire marquée par une transgression marine saccadée qui a perturbé le développement des récifs coralliens. Quatre générations de constructions récifales, dominées par les coraux scléractiniaires du genre Porites, localement associés à des Acropora, ont en effet été identifiées le long des pentes sous-marines des îles Nuku Hiva, Hiva Oa et Eiao. Actuellement étagées entre les isobathes 125 et 55 m, ces bioconstructions se sont respectivement développées au cours de la dernière déglaciation, entre 26600-25300 ans BP, 16200-14560 ans BP, vers 12400 ans BP et entre 9500-9000 ans BP. Elles se situent respectivement aux profondeurs de 125-115 m, 110-95 m, 80-68 m et 60-55 m sous le niveau actuel de la mer. Elles ont été successivement ennoyées par la remontée rapide de la mer, respectivement vers 19000, 14000 et 11500 ans BP. L’identification de ces structures en tant que récifs coralliens repose à la fois sur leur architecture (terrasses, plates-formes subhorizontales formant des anomalies topographiques) et leur composition biologique et sédimentologique. Cinq biofaciès ont été reconnus, comprenant des calcaires bioconstruits à coraux et algues calcaires, des calcaires bioaccumulés riches en organismes « récifaux » variés et un faciès exprimant le passage d’un milieu récifal à un milieu plus profond, circalittoral. La succession verticale des faciès exprime une séquence d’approfondissement, contrôlée par la remontée rapide du niveau marin. La construction récifale se serait définitivement interrompue vers 9000 ans pour laisser la place à des peuplements coralliens dispersés et non-récifaux. Vers 7400 ans BP, le genre Acropora disparaît des fonds marquisiens. Ces deux événements seraient la conséquence d’une intensification de l’activité du phé- nomène El-Niño dans le Pacifique central et oriental à partir du début de l’Holocène. En surface, le type physiographique archi-dominant est la côte rocheuse qui se décline en falaises plongeantes ou en falaises frangées de plate-forme d’érosion marine basale ; les côtes meubles sont rares (moins de 8 % du linéaire côtier) mais diversifiées (systèmes plage-dune, grèves, plages à blocs) et jouent un rôle majeur dans l’histoire de l’occupation humaine des littoraux. Ainsi, c’est à l’échelle locale, au niveau des modelés de détail presque, que la richesse paysagère des Marquises s’affirme, soulevant nombre de questions inédites sur les dynamiques géomorphologiques à l’œuvre.

Abstract.
Geomorphological landscapes of the Marquesas islands fall within a geographical paradox: they are very uncommon in the Polynesian area where they claim their originality by the virtual absence of coral buildups, and they are at the same time relatively trivial in terms of volcanic coastlines. This landscape paradox is related to the recent geological and climatic history, especially the sea level rise. Four successive reef-growth episodes, typified by the dominance of Porites corals and the occurrence of Acropora forms, were identified along the foreslopes of Nuku Hiva, Hiva Oa and Eiao Islands. At present found at depths from 125 to 55 m, these buildups developed between 26,600-25,300 years BP, 16,200-14,560 years BP, at around 12,400 years BP and between 9,500-9,000 years BP. The buildups are at present localized at depths of 125-115 m, 110-95 m, 80-68 m and 60-55 m, respectively. Reef drowning phases occurred repeatedly during the last deglaciation, in response to rapid rises in sea level, respectively at about 19,000, 14,000 and 11,500 years BP. The successive buildup units have been recognized as true framework reefs on the basis of their architectural and compositional patterns; these form high-relief, terraces and platforms and comprise four reef-related biofacies, including coragal boundstones and detrital deposits rich in a variety of reef-dwelling organisms. The fifth identified facies reflects changes from reef to deeper depositional environments. The replacement of shallow-water biological associations by deeper ones is interpreted as an upward-deepening sequence. Reef growth may have stopped definitively at around 9,000 years BP while replaced by the settlement of scattered, non-reefal coral communities. At about 7,400 years BP, the genus Acropora disappeared from the Marquesas bottoms. Both events may have been driven by an increase in El-Niño frequency and intensity over the Holocene. Near the present sea-level, the predominant physiographic type is the rocky coast which comes in plunging cliffs or cliffs fringed with shore platform; sedimentary coasts are rare (less than 8% of the coastline) but diverse (beach-dune systems, pebble and boulder beaches) and play a major role in the history of human occupation of the coasts. Thus, it is at the local level, considering small landforms, that the rich landscape of the Marquesas emerges, raising many new questions about the geomorphic dynamics at work.

Galzin R., Duron S.-D. & Meyer J.-Y. (eds), 2016. Biodiversité terrestre et marine des îles Marquises, Polynésie française. Paris: Société française d’Ichtyologie. 526 pages

2 mai 2016

Publication - Impacts et résilience géomorphologique des littoraux de La Réunion après le passage du cyclone tropical Bejisa

V. K. E. Duvat , A. K. Magnan, S. Etienne, C. Salmon, C. Pignon-Mussaud. 2016. Assessing the impacts of and resilience to Tropical Cyclone Bejisa, Reunion Island (Indian Ocean). Natural Hazards, pp 1-40.
Lien

Cet article met en évidence la grande variabilité de la nature et l'intensité des impacts du cyclone tropical Bejisa (Janvier 2014, catégorie 3) le long de systèmes plage-dunes de la côte ouest de l'île de la Réunion. Des impacts érosifs ont été identifiés pour 17 (sur 26) transects topographiques, tandis que 9 transects affichent une accrétion. La perte ou le gain sédimentaires atteignent des valeurs moyennes maximales de 1,23 et 0,36 m3 /m respectivement. Le dépôt de sédiments a eu lieu sur les hauts de plage et l'avant-dune, qui a pu gagner jusqu'à 1 m d'épaisseur. Un an après le passage du cyclone Bejisa, la résilience des plage s'avère être moyenne (0,4 à 0,8 m3 / m) à élevée (0,8 m3 /m) sur 40% des transects, mais certains secteurs montrent un déficit permanent. La submersion marine a atteint une distance maximale de 70,8 m depuis la ligne de végétation et une altitude maximale de 6,9 ​​m au-dessus du niveau de la mer. La végétation indigène a montré une grande résistance aux impacts du cyclone et une rapide régénération, les espèces introduites ayant été pour leur part plus durablement endommagés.


26 avr. 2016

Chronologie des événements de submersion marine extrêmes dans les Tuamotu. Intérêt de l'étude des blocs récifaux.

Numerous large carbonate boulders up to 164 tonnes in mass were investigated on the reef flat and beaches of Makemo Atoll in the Tuamotu Archipelago of French Polynesia to reveal the past occurrence and to anticipate the future potential threat of extreme wave events, possibly generated by tropical cyclones and tsunamis. The modern reef edge and emerged mid-Holocene coastal landforms were identified as sources of boulders mobilized during extreme wave events in the past. The minimum flow velocities produced by extreme wave events were estimated to exceed 5.4–15.7 m/s at the reef edge on different parts of the atoll. Comparison of uranium–thorium ages of boulder coral fabric with written historical records indicates that two large boulders (77 and 68 tonnes) were possibly emplaced on the reef flat by a powerful cyclone in February 1878. Although most boulder dates are older than the earliest historical cyclone and tsunami records in French Polynesia, their ages concur with the following: (a) periods of “storminess” (i.e. increased cyclone activity compared to today) in the central South Pacific over the last millennium; and (b) periods of high sea-surface temperature (SST) at the Great Barrier Reef, possibly associated with higher-than-normal SSTs Pacific-wide that facilitated the generation of cyclones affecting the central South Pacific Ocean. None of the boulders on Makemo were dated younger than CE1900, implying that the last century has not experienced extreme waves of similar magnitude in the past. Nevertheless, the findings suggest that waves of comparable magnitudes to those that have transported large boulders on Makemo may recur in the Tuamotus and threaten island coasts across the central South Pacific in the future.

A.Y. Annie Lau, James P. Terry, Alan D. Ziegler, Adam D. Switzer, Yingsin Lee, Samuel Etienne. 2016. Understanding the history of extreme wave events in the Tuamotu Archipelago of French Polynesia from large carbonate boulders on Makemo Atoll, with implications for future threats in the central South PacificMarine Geology. 22 April 2016.
Lien vers l'article ici

Exposition Bricolage Radical - FRAC PACA 26 avril-5 juin 2016




Le Fonds Régional d'Art Contemporain de la région PACA m'a invité à mettre en place une exposition sur les fanzines DIY dans le cadre du festival international du fanzine Rebel-Rebel. Cette exposition, intitulée "Bricolage radical - les fanzines do-it-yourself : média banal ou média rebelle ?" est visible jusqu'au 5 juin au niveau du Troisième plateau.


 

1 mars 2016

Elaboration d’une typologie des dépôts de blocs supratidaux de sommets de falaise de la péninsule de Reykjanes (Islande)


Cette étude porte sur la répartition et la morphologie des dépôts grossiers de tempêtes (25,6 cm ≤ l ≤ 820 cm) qui se trouvent en retrait du sommet des falaises de la péninsule de Reykjanes, au sud-ouest de l’Islande. Les 35 km de linéaire côtier sur lesquels porte ce travail sont constitués de falaises, hautes au maximum de 15 mètres, taillées dans un substrat basaltique postglaciaire d’âge compris entre 14 500 et 800 ans BP. L’origine de ces dépôts est marine et est attribuée à l’action des vagues engendrées par les dépressions atlantiques, vagues dont les hauteurs significatives pour une période de retour de 100 ans atteignent 17,4 mètres dans ce secteur. Entre les mois d’avril et juin 2014, un travail de terrain a permis d’étudier 35 accumulations supratidales de blocs à partir d’observations qualitatives et de relevés topomorphologiques. L’analyse de ces données montre que l’altitude du sommet des falaises n’est pas un facteur limitant à la formation de ces dépôts sur la péninsule de Reykjanes. Au contraire, le contexte lithostructural des coulées de lave et les spécificités hydrodynamiques locales qui influent sur la morphologie des falaises sont prédominantes dans la formation et la disposition des différents types d’accumulations.

The present study focuses on the distribution and morphology of cliff-top storm deposits (CTSDs) in the Reykjanes Peninsula in southwest Iceland. The study area stretches over a 35 kilometre coastline and consists mainly of cliffs not exceeding 15 m, cut into post-glacial lava beds aged 14 500 to 800 yr BP. The origin of these deposits cannot be related to tsunamis since none has been recorded in this area within this period. It is due to the action of North Atlantic waves whose significant height, measured between 1994 and 2004, can reach 17.4 m in this area. During a field survey from April to June, 2014, 35 CTSD sites were studied mainly through qualitative observations and topomorphological measurements. The analysis of the data shows that the organisation and distribution of CTSDs in the Reykjanes peninsula do not depend on the cliff height. In contrast, the lithostructural characteristics of the lava beds and local variations in hydrodynamism, both of which determine the morphology of cliffs, appear to be decisive factors in explaining these aspects of CTSDs in this area.

Ronan Autret, Serge Suanez, Bernard Fichaut et Samuel Etienne, « Elaboration d’une typologie des dépôts de blocs supratidaux de sommets de falaise de la péninsule de Reykjanes (Islande) », Géomorphologie : relief, processus, environnement [En ligne], Articles sous presse, mis en ligne le 05 février 2016, consulté le 01 mars 2016. URL : http://geomorphologie.revues.org/11272 ; DOI : 10.4000/geomorphologie.11272